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MARIE NDIAYE NE SE TAIRA PAS. Novembre del 2009 |
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| Yannick Vely - Parismatch.com| Photo
Benoît Tissier / Reuters | CULTURE-MATCH |
JEUDI 12 NOVEMBRE 2009. |
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Une opposition unanime et un ministre de la Culture
et de la Communication qui préfère passer son tour :
la romancière Marie NDiaye, prix Goncourt 2009, ne
se soumettra pas au fameux «droit de réserve»
qu’exige pour elle le député UMP Eric Raoult.
C’est l’histoire d’une polémique qui enfle et enflera
peut-être encore au fil des heures et des joutes
verbales. Le premier round médiatique s’est déroulé
mardi avec l’annonce d’un courrier adressé à Frédéric
Mitterrand, le ministre de la Culture et de la
Communication, par le maire du Raincy Eric Raoult,
lui demandant de soumettre Marie NDiaye à «un
devoir de réserve, dû aux lauréats du Prix
Goncourt». Selon le député UMP, «le message
délivré par les lauréats se doit de respecter la
cohésion nationale et l'image de notre pays.» Sont
ainsi visées des déclarations de Marie NDiaye, la
lauréate de l’édition 2009, dans une interview
accordée aux «Inrockuptibles», au mois d’août
dernier. La Tourangelle exprimait alors tout son
dégoût envers la France «monstrueuse» de Nicolas
Sarkozy.
FRÉDÉRIC MITTERRAND
NE PREND PAS PARTI
Mercredi, la romancière est quelque peu entrée dans
le jeu de la polémique. Après avoir nuancé, sur
«Europe 1», - «je ne veux pas du tout avoir l'air de
fuir je ne sais quelle tyrannie insupportable.
Simplement, depuis quelques temps, je trouve
l'atmosphère en France assez dépressive et morose,
il me semble qu'à Berlin en ce moment elle est plus
exaltante», avait-t-elle déclaré -, elle a sollicité
l’arbitrage de Frédéric Mitterrand. «Au moment de
l’affaire Polanski, Frédéric Mitterrand avait dit qu'en
tant que ministre de la Culture, il était là pour
soutenir les artistes et ne pas les abandonner", a-t-
elle expliqué, après avoir pris connaissance des
propos d’Eric Raoult qu’elle juge ridicule. «le droit de
réserve ne s’applique qu’aux fonctionnaires de l’Etat,
et je ne suis pas employé de l’Etat en ayant obtenu
le Goncourt.»
Quant à Frédéric Mitterrand, le ministre de la
Culture, on le devine bien gêné par cette polémique
bien inutile, d’autant que le droit de réserve
qu’évoque le maire du Raincy n’existe pas dans les
statuts de l’Académie Goncourt, comme l’a rappelé
l’un des membres les plus éminents, Bernard Pivot.
«Je ne veux pas entrer dans cette polémique», a
déclaré Mitterrand sur France Bleu Isère. «Le prix
Goncourt est une entreprise privée donc les écrivains
qui [le] reçoivent ont le droit de dire ce qu'ils
veulent, a rappelé le ministre-écrivain. Par ailleurs,
Eric Raoult, qui est un ami, a le droit lui aussi en
tant que citoyen voire de parlementaire, de dire ce
qu'il pense". Et l’homme politique de se laver les
mains avec frénésie. «Ça me regarde en tant que
citoyen, cela ne me concerne pas en tant que
ministre», a-t-il conclu.
Et Marie NDiaye de tirer une leçon de cette affaire.
«Au vu de ce qui se passe aujourd’hui avec cette
histoire Raoult, je réitère et maintiens mes propos
absolument», a-t-elle de nouveau asséné, dans un
entretien accordé mercredi aux Inrockuptibles.fr.
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PARIS MATCH, France. 12 novembre 2009. |
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